Parler de sa transidentité à ses parents.
Si tu es ici, c’est peut-être que tu te demandes comment parler de sa transidentité à ses parents sans tout casser, sans pleurer trop fort, sans te perdre.
Alors je vais te parler simplement. Avec douceur. Comme quelqu’un qui sait que ce moment-là, c’est grand.
Table des matières
- Parler de sa transidentité à ses parents : commencer par se protéger
- Choisir le bon moment (et le bon endroit)
- Trouver les mots simples
- Exemples de phrases à dire
- Si tes parents réagissent mal
- Si tes parents ne comprennent pas tout de suite
- Après : prendre soin de toi
- À retenir
- Erreurs fréquentes
- FAQ
Parler de sa transidentité à ses parents : commencer par se protéger
Je vais être très honnête : parfois, le vrai sujet n’est pas “comment le dire”.
C’est “est-ce que c’est sûr pour moi de le dire maintenant ?”
Avant de parler de sa transidentité à ses parents, pose-toi ces questions simples :
- Est-ce que je vis chez eux ?
- Est-ce que je dépends d’eux pour l’argent, le logement, l’école ?
- Est-ce que j’ai un endroit où aller si ça se passe mal ?
- Est-ce que j’ai une personne ressource (ami·e, asso, adulte de confiance) ?
Ce n’est pas être “peureux”.
C’est être prudent. Et tu as le droit.
Si tu as besoin d’aide ou d’écoute, tu peux contacter :
- OUTrans : https://www.outrans.org/
- SOS Homophobie : https://www.sos-homophobie.org/
Choisir le bon moment (et le bon endroit)
J’ai déjà vu des personnes le dire au milieu d’un repas, parce que ça brûlait trop.
Et je comprends. Vraiment.
Mais si tu peux choisir, choisis un moment où :
- personne n’est pressé
- personne n’est fatigué ou énervé
- vous avez du temps après (pas 10 minutes)
Et choisis un endroit où tu te sens un minimum en sécurité.
Si tu as peur, tu peux aussi :
- écrire une lettre
- envoyer un message
- le dire au téléphone si c’est plus simple
- demander à quelqu’un d’être là avec toi
Parler de sa transidentité à ses parents, ce n’est pas forcément “en face à face, d’un coup”.
Tu as le droit de choisir la forme.
Trouver les mots simples
Tu n’as pas besoin de faire un discours parfait.
Tu n’as pas besoin de connaître tous les mots compliqués.
Tu peux dire quelque chose de très simple, comme :
- “J’ai besoin de te parler d’un truc important.”
- “Ça fait longtemps que je le garde pour moi.”
- “Je ne suis pas malheureux·se à cause de toi. C’est juste moi.”
- “Je suis trans.”
- “Ce que j’attends de toi, c’est du respect et du temps.”
Souvent, les parents paniquent parce qu’ils ont peur.
Peur pour toi. Peur de “mal faire”. Peur du regard des autres.
(Et parfois, ils ont aussi leurs propres idées dans la tête.)
Mais toi, tu peux les ramener à l’essentiel :
“Je suis la même personne. J’ai juste besoin d’être moi.”
Exemples de phrases à dire
Voici des phrases prêtes à l’emploi. Tu peux les prendre telles quelles.
Si tu veux aller droit au but
“Je suis trans. Ça veut dire que mon genre n’est pas celui qu’on m’a donné à la naissance.”
Si tu veux être très doux·ce
“Je veux te dire quelque chose de très intime. Je suis trans. Et ça me fait du bien de te le dire.”
Si tu as peur d’être rejeté·e
“J’ai peur de ta réaction, mais j’ai besoin d’être honnête. J’ai besoin de ton soutien.”
Si tu veux poser une demande claire
“J’aimerais que tu utilises ce prénom et ces pronoms. Ça compte beaucoup pour moi.”
Si tu veux leur laisser du temps
“Je ne te demande pas de tout comprendre aujourd’hui. Je te demande de m’écouter et d’essayer.”
Si tes parents réagissent mal
Parfois, ça arrive. Et ce n’est pas ta faute.
Ils peuvent :
- crier
- nier (“c’est une phase”)
- pleurer
- dire des choses injustes
- faire comme si tu n’avais rien dit
Dans ce cas, respire et reviens à une phrase simple :
“Je t’ai parlé de moi. Je ne te demande pas de décider à ma place.”
Et si tu sens que tu n’es pas en sécurité :
tu peux arrêter la discussion. Tu as le droit de dire :
“Je ne me sens pas bien. On en reparlera plus tard.”
Parler de sa transidentité à ses parents ne doit pas te mettre en danger.
Si tes parents ne comprennent pas tout de suite
Il y a une chose qu’on n’ose pas dire… mais qui est vraie :
les parents ont parfois besoin d’un “temps de mise à jour”.
Ils ont une image de toi dans leur tête.
Et tu viens de leur dire : “Je suis moi, mais autrement.”
Certain·es comprennent vite. D’autres mettent des mois.
Et parfois, ils progressent par petits pas :
un prénom dit une fois… puis deux… puis tous les jours.
Ce n’est pas parfait.
Mais si tu vois des efforts, même petits, ça compte.
Après : prendre soin de toi
Après avoir parlé de sa transidentité à ses parents, on peut se sentir vide.
Même si ça s’est bien passé. Même si ça s’est mal passé.
Prévois quelque chose pour te tenir :
- un·e ami·e à appeler
- un endroit où te poser
- un film, une douche chaude, un repas
- une balade
- de la musique
Parce que ce que tu viens de faire, c’est énorme.
À retenir
- Parler de sa transidentité à ses parents, c’est courageux, mais ça doit être sûr.
- Tu peux choisir le moment, le lieu, et même le format (lettre, message, face à face).
- Tu n’as pas besoin de mots compliqués : la simplicité touche souvent plus.
- Certains parents ont besoin de temps : ce n’est pas un “non” définitif.
- Tu as le droit d’arrêter une discussion si tu ne te sens pas bien.
Erreurs fréquentes
- vouloir convaincre au lieu de partager
- parler quand tu es en danger (si possible, évite)
- répondre à chaque attaque (tu n’es pas obligé·e)
- penser que ta valeur dépend de leur réaction
- oublier de te prévoir du soutien après
Si tu en es là, je veux juste te dire : tu n’es pas “trop”.
Tu n’es pas “compliqué·e”.
Tu es une personne qui demande à être vue.
Et si tu avances petit à petit dans ton parcours, tu peux aussi retrouver nos collections ici (sans pression, juste si ça peut t’aider) :
Tu as le droit d’aller doucement. Mais tu as aussi le droit d’exister au grand jour.
FAQ
Comment parler de sa transidentité à ses parents si j’ai peur ?
Commence par te protéger : une personne de confiance, un plan si ça se passe mal, et une forme qui te rassure (lettre, message).
Et si mes parents disent que c’est “une phase” ?
Tu peux répondre calmement : “Je comprends que tu sois surpris·e. Mais c’est réel pour moi.” Et leur laisser du temps.
Est-ce que je dois tout expliquer ?
Non. Tu peux dire l’essentiel. Tu peux aussi renvoyer vers des ressources (OUTrans, SOS Homophobie).
Et si je pleure ?
C’est normal. Ça veut juste dire que c’est important. Pleurer ne rend pas ton message moins vrai.
Combien de temps faut-il pour qu’ils acceptent ?
Ça dépend. Parfois c’est immédiat, parfois c’est long. L’important, c’est que toi, tu sois accompagné·e et en sécurité.
